Pourquoi l’Alliance pour les droits de la Vie lance-t-elle ces cycles de formation ?
Cette initiative répond à notre constat d’un besoin chez les personnes, notamment les chrétiens, qui désirent agir au service de la vie dans notre société. Les lois et les pratiques peuvent être en si grande contradiction avec leurs convictions sur la valeur de la vie qu’ils se sentent souvent hors jeu, impuissants, jusqu’à être parfois réduits à la protestation.
Qui est concerné par le respect de la vie ?
Qu’on soit étudiant en médecine, sage-femme, magistrat, ingénieur, enseignant, parent d’élève, catéchiste, consommateur de biens ou de services, internaute... chacun se trouve régulièrement mis en demeure de choisir. Choisir de parler ou de se taire, choisir entre "vie et bonheur" ou "mort et malheur". Comme le note Jean Paul II dans l’Evangile de la vie, personne ne peut rester extérieur au débat.
Le choix de la vie est-il devenu si complexe qu’on doive s’y former ?
Comme le prédisait André Frossard, les errances contemporaines rendent parfois difficiles à démêler l’écheveau du bien et du mal. Comprendre ce que signifie respecter la vie a pu devenir complexe. La seule évocation de ce qui est désormais possible en matière de filiation avec les découvertes bioéthiques suffit, je pense, à illustrer cette remarque. Et nous recevons de plus en plus de questions. Elles émanent de soignants qui ont besoin d’éclairages éthiques ou de certains enseignants.
Vous adressez-vous essentiellement à ceux qui agissent dans le domaine de la santé ?
Les premiers inscrits viennent de tous horizons. Mais il est vrai que notre président, le docteur Xavier Mirabel, cancérologue, a noté que la formation éthique des soignants n’est pas à la hauteur de leurs performances techniques, ce qui entraîne chez beaucoup un sentiment de fragilité. Ils se sentent souvent isolés et peuvent être conduits vers de graves errances, sans forcément qu’ils aient eu le moyen d’anticiper. Un engrenage de microdécisions lourdes de conséquences a pu conduire à créer au sein d’institutions dont la vocation était de sauvegarder la vie, une "structure de péché" qui a l’effet inverse...
Quel type de formation proposez-vous ?
Nous allons nous appuyer sur notre expérience : nos équipes se réunissent chaque année depuis huit ans au cours d’une université d’été qui est devenue essentielle à l’efficacité de nos actions. Chaque mois, nous leur proposons aussi divers modes de formations théoriques ou opérationnelles. Nous réalisons des outils de formation : DVD, guides, argumentaires, ateliers, jeux de rôle... C’est cela, élaboré à usage interne, que nous voulons ouvrir plus largement. Et il y a aussi tous les témoignages que nous recevons et notre expérience de la consolation.
Que doit savoir une personne qui veut agir au service de la vie ?
La priorité est de commencer par approfondir sa compréhension de l’âme humaine : la sienne et celle de toute personne tentée par des actes de mort. Il faut aussi connaître les lois en vigueur, la façon dont elles sont appliquées. Par ailleurs nous voulons insister sur un aspect essentiel : rechercher la façon la plus juste de le dire. Nous avons rencontré beaucoup d’élus, accumulé des expériences contrastées (réussites ou désillusions) et travaillé les relations avec la presse : il n’y a pas de réponse toute faite, chacun ayant - selon son âge, son histoire, ses fonctions - des atouts différents pour s’exprimer. C’est aussi pour cela que nous appelons chacun à s’impliquer réellement, dans la mesure où nous avons comme objectif d’aider chaque inscrit à l’Université de la Vie à mieux valoriser ses atouts personnels. Nous proposons cette année un module général intitulé "La vie dans tous ses états", de quatre séances en soirée le lundi, échelonnées sur un mois.